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Le «miel posé», cette boisson médiévale slave nécessitant jusqu’à 40 ans de fermentation – Russia Beyond FR

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Le miel était abondant dans l’ancienne Russie, et le « miel posé » en exigeait beaucoup. On prenait pour cela du miel frais et on le mélangeait avec du jus de baies, en ajoutant des épices (aujourd’hui inconnues) pour former une substance stable non périssable. L’on n’ajoutait ni houblon, ni levure, ni eau. Pendant les premiers mois, on laissait le mélange fermenter dans des jarres ouvertes et on le versait plusieurs fois de l’une à l’autre.

 

La première mention de ce breuvage vient d’Ahmad ibn Rustah, un explorateur et géographe perse du Xe siècle, qui a écrit un recueil géographique connu sous le titre Les atours précieux. Il y décrit ainsi brièvement le mode de vie des anciens Slaves, en mentionnant qu’ils préparent un breuvage à base de miel dans des fûts en bois. De quoi était-il question ?

 

Les Russes d’autrefois ne possédaient pas de vignobles et ne produisaient pas de spiritueux lourds. À cette époque, le miel était le principal ingrédient pour la fabrication des boissons alcoolisées. Mais avant que la medovoukha (hydromel russe), une boisson fermentée en faisant bouillir un mélange de miel et d’eau, ne devienne populaire, un autre breuvage était particulièrement prisé. Cette boisson spéciale devait être préparée pendant des dizaines d’années et était appelée « stavlenny miod » (ставленный мёд, « le miel posé »). La particularité de cette boisson était qu’elle était produite sans ajout d’eau !

 

Revenons au Xe siècle dans les terres de la Rus’ médiévale, et plus précisément dans la ville de Souzdal (191 kilomètres au nord-est de Moscou). C’est un jour important dans la vie d’une riche famille de guerriers – un garçon est né. Qui plus est, son grand-père est là pour le voir naître, ce qui n’est pas très fréquent, car en ces temps reculés, la vie était beaucoup plus rude et la médecine moins avancée. Le vieillard est heureux et se dirige vers sa grange pour apporter une boisson de célébration – celle qu’il avait commencé à produire il y a près de 40 ans. Et ce n’est ni du vin, ni du cognac.

 

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Ces cinq gestes que seuls les Russes comprennent – Russia Beyond FR

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Le « facepalm » en tant que geste est maintenant arrivé en Russie, grâce aux mèmes Internet. Mais un facepalm implique de couvrir votre visage (yeux et nez) avec votre main, alors que le geste traditionnel russe est quelque peu différent. Il veut dire « Que je suis stupide ! » ou plus souvent « J’ai oublié de… (éteindre le four, nourrir le chat, payer les impôts, etc.) »

 

« J’en ai assez » ou « J’en ai marre » – c’est ce que ce geste signifie, et non, cela n’a aucun rapport avec la nourriture. Vous ne pouvez pas l’utiliser pour dire que vous êtes rassasié – votre hôte penserait plutôt que vous ne voudrez plus jamais de sa nourriture.

 

L’équivalent brésilien et portugais du chich est considéré comme un geste chanceux, alors qu’en Allemagne, il a des connotations sexuelles et est très offensant. Au Japon, en Corée et en Chine, ce geste signifie également la copulation, comme c’était le cas en Russie. Mais maintenant, ce signe n’est plus vraiment vulgaire. Le chich est parfois utilisé pour chasser les mauvais esprits ; la plupart du temps, il signifie simplement « tu n’obtiendras rien ».

 

À travers les âges en Russie, ce geste particulier – qui consiste à coller son pouce entre l’index et le majeur – équivaut à montrer votre majeur à une personne. Par exemple, au XIXe siècle, un bagarreur notoire appelé Iakoubovitch a été représenté avec les doigts en forme de chich, provoquant un scandale majeur.

 

C’est un geste célèbre et exclusivement russe lié à la boisson. La légende raconte que lors de la construction de Saint-Pétersbourg, un artisan russe inconnu a donné des conseils avisés en matière d’ingénierie concernant la construction de la forteresse Pierre et Paul. En conséquence, Pierre le Grand a proposé à l’homme la récompense qu’il souhaitait. Rusé, l’artisan a donc demandé qu’on lui fasse sur le cou une marque (littéralement, comme une vache) lui permettant de boire gratuitement dans n’importe quelle taverne russe : le type entrerait simplement, pointerait du doigt sa cicatrice et boirait gratuitement. Nous ne savons pas si la légende est vraie, mais le geste a survécu à ce jour (mais ce n’est pas la seule tradition en matière de consommation de boissons en Russie).

 

 

L’ultime recette de la salade russe (ou salade Olivier) – Russia Beyond FR

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N’ayez pas peur de la mayonnaise ! Certaines recettes utilisent de la crème fraiche épaisse ou même du yaourt pour une variante moins calorique. Cependant, soyons honnêtes, il n’y a rien de tel que la bonne vieille mayonnaise. Elle était juste destinée dès le début à faire partie de cette recette et nous ne devrions donc pas modifier cette dernière. Rappelez-vous, le plus important est la modération. Mais n’y mettez toutefois pas le pot entier, la mayonnaise n’est qu’un ingrédient parmi d’autres et elle ne doit pas dominer le reste.

 

Couper les ingrédients en différentes tailles est une terrible erreur ! Il est important que tous les composants de l’Olivier soient coupés de la même taille et de la même forme. Des cubes, pour être précis. Prenez la taille de vos petits pois comme référence et n’oubliez pas d’utiliser un couteau bien aiguisé.

 

La recette originale de Lucien Olivier utilisait l’écrevisse et la gélinotte comme sources de protéine, mais c’était au XIXe siècle. La recette a été modifiée après la fin de la Seconde Guerre mondiale. En ces temps difficiles où les gens essayaient de reconstruire le pays, les deux animaux sus-cités n’étaient tout simplement pas disponibles. Ils ont donc été remplacés par quelque chose de plus abordable, comme la « saucisse du docteur ». De plus, cette saucisse était recommandée comme une partie vitale du régime alimentaire pour ceux dont la santé avait été affaiblie par le conflit. Plus tard, lorsque le poulet ou le bœuf n’ont plus été en pénurie, les gens ont commencé à les utiliser comme principales sources de protéine. Il existe également des variantes avec des crevettes, de la chair de crabe et de la caille, mais rien ne vaut les classiques écrevisses et gélinottes. En fonction de votre budget, choisissez donc la variante qui vous plait, chacune d’elle étant de toute façon savoureuse !

 

Cette salade a été inventée au XIXe siècle par le chef français Lucien Olivier, qui était à l’époque à la tête d’un restaurant haut de gamme, l’Hermitage, situé en plein centre de Moscou. Il ne l’a pas créée de toutes pièces, mais il s’est inspiré et a réinventé un plat populaire de l’époque, nommé « mayonnaise ». Il ne s’agissait pas seulement du condiment tel que nous le connaissons aujourd’hui, mais plutôt de morceaux de poisson, de poulet ou de gibier accompagnés d’une mousse à base d’huile de Provence. Le chef Olivier a essayé de comprendre l’âme russe et a imaginé quelque chose qui aurait l’air russe et que les Russes adopteraient, tout en y ajoutant sa touche française. Et il y est parvenu ! Même si la salade moderne est très différente de sa recette originale, elle restera à jamais la salade russe la plus emblématique. Chaque Russe commence à comprendre le statut particulier de cette salade dès sa plus tendre enfance et même ceux qui n’aiment pas l’Olivier sont bien conscients de sa signification sacrée pour chaque table de dîner du Nouvel an.

 

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